Une fois par an, tout journaliste, en poste ou pigiste, doit recevoir un courrier de son employeur ou de chacun de ses employeurs lui demandant d’indiquer son choix entre :
- cotiser à taux plein à la sécurité sociale
- ou maintenir la déduction de 30% sur ces cotisations appliquée par défaut par l’employeur.
Décidez en connaissance de cause, car, si, aujourd’hui, vous choisissez de cotiser moins, demain, à l’heure de la retraite, votre pension risque d’être fortement réduite.
A vous de voir, sachant que tout dépend de votre rémunération et du pari que vous faites sur l’avenir.
En 2009, si votre rémunération est supérieure à 41 908 euros brut annuels, ne bougez pas et profitez de l’abattement. En revanche, si vous gagnez moins, et a fortiori beaucoup moins, lisez ce qui suit.
Comment ça marche ? Les journalistes (titulaires de la carte) travaillant dans une entreprise de presse bénéficient d’une déduction sur les cotisations sociales vieillesse à l’Urssaf.
Cela, à hauteur d’un taux de 30% assorti d’un plafond annuel de 7.600 euros. Au-delà de ce salaire plafond, entreprises et journalistes cotisent à taux plein. Cet abattement est appliqué automatiquement, par défaut. Mais depuis 2003, il est optionnel. C’est donc à vous d’indiquer par écrit votre choix à la direction.
Les cotisations sociales, exprimées en pourcentage, sont calculées sur la rémunération brute (y compris ancienneté et 13e mois).
La rémunération brute – les cotisations sociales = la rémunération nette.
- Certaines cotisations sont calculées sur la rémunération brute mais dans la limite d’un plafond, le plus souvent le plafond sécurité sociale.
En 2009, ce plafond annuel est de 34 308 euros (2 859 euros mensuels).
Le taux de la cotisation retraite sécurité sociale est de 5,24% pour les journalistes.
Le calcul est effectué sur la rémunération brute, limitée au plafond de la sécurité sociale.
- D’autres cotisations sont calculées sur une part seulement de la rémunération brute, cette dernière faisant l’objet d’un abattement.
C’est le principe de l’abattement de 30% reconnu aux journalistes.
Cet abattement porte sur 3 cotisations salariales :
1 – la retraite de base sécurité sociale : 5,24% limitée au plafond de la sécurité sociale
2 – les cotisations vieillesse : 0,1 % calculée en principe sur la totalité de votre rémunération
3 – les cotisations maladie : 0,75% calculée en principe sur la totalité de votre rémunération
L’ensemble de ces cotisations représente un taux nominal de 6,09%.
Sur cet ensemble, vous bénéficiez d’un abattement de 30%, dans la limite de 7.600 euros annuels (rien à voir avec l’abattement fiscal de 7650 euros). Vous cotisez donc sur une base représentant 70% de votre rémunération pour ces trois prélèvements.
Les conséquences du maintien ou non de l’abattement Le choix porte sur “un paquet” de 3 cotisations. Il est global, vous ne pouvez pas les dissocier.
- La retraite de base sécurité sociale,
- Les cotisations vieillesse
- La cotisation maladie
1. Conséquence pour la retraite
- Aucune sur la validation des trimestres et l’ouverture du droit à retraite
- Possible sur la pension. Celle-ci va dépendre de votre salaire annuel global brut sur l’une de vos meilleures années d’activité. Si ce salaire est inférieur au salaire plafond annuel de la sécurité sociale + 7.600 euros d’abattement (41.908 euros annuels brut, en 2009), vous êtes perdant. Ce salaire plafond de sécurité social est valorisé tous les ans.
2 – Sur les remboursement de l’assurance-maladie.
Si vous bénéficiez d’un maintien de salaire (cas des journalistes permanents), vous n’avez aucun avantage lié au renoncement à l’abattement.
Dans le cas contraire, c’est-à-dire dire pour les journalistes pigistes du groupe, la cotisation supplémentaire pourrait ouvrir des droits supplémentaires, sachant que la base de calcul des indemnités journalières est limitée au plafond de la sécurité sociale.
3 – Sur les cotisations que vous payez
- Retraite de base : la cotisation retraite de base sécurité sociale, de 5,24%, est limitée au plafond de la sécurité sociale.
Si vous renoncez à l’abattement, alors que votre rémunération brute globale est inférieure à ce plafond (34 308 euros ou 2 859 euros mensuels) sur 13,4 mois, vous cotisez davantage chaque mois, de façon pérenne.
- Maladie : bien que l’indemnité journalière de sécurité sociale soit calculée dans la limite du plafond, les cotisations maladie sont, elles, assises sur la totalité de votre salaire. Ainsi, quelle que soit votre rémunération, un renoncement à l’abattement conduira à une cotisation supplémentaire.
Pour aller plus loin, consultez le site du SNJ et le site de la Cnav